Tu lèves des fonds dans 48h et il te manque encore la SHA ?

Tu lèves des fonds dans 48h et il te manque encore la SHA ?

Tu viens de recevoir le mail que tu attendais : le lead investor confirme. Term sheet signée. Closing prévu vendredi. On est mercredi matin.

Petit problème : ton shareholders’ agreement date de ton premier tour, ta convertible note n’existe que dans un Google Doc approximatif, et ton avocat habituel te parle de « deux à trois semaines minimum ». Tu as exactement 24 à 48 heures pour sortir des documents juridiques propres, négociables, et qui ne feront pas fuir l’investisseur au moment de la due diligence.

Voici exactement comment des fondateurs européens s’en sortent – avec les bons réflexes, les bons outils, et les bons interlocuteurs.

Quels documents te demande-t-on vraiment pour closer un tour ?

Avant de paniquer, clarifie ce qui est réellement bloquant. Pour un seed ou une série A en Europe, la liste minimale tourne généralement autour de :

  • Shareholders’ Agreement (SHA) : le contrat socle entre fondateurs et investisseurs – vesting, drag-along, pre-emption, reserved matters
  • Term sheet signée : normalement déjà en poche si tu en es là
  • Convertible note ou SAFE (si bridge ou pre-seed précédent) : pour clarifier les conditions de conversion
  • Board resolutions : PV d’AG autorisant l’augmentation de capital
  • Cap table à jour : qui détient quoi, avec les options, les convertibles, les BSPCE
  • Les investisseurs sérieux savent que tout ne sera pas parfait. Mais la SHA et le mécanisme de conversion de tes notes précédentes, ça, c’est non-négociable pour closer.

    Pourquoi ton avocat classique ne peut pas faire ça en 24 heures

    Un cabinet traditionnel fonctionne sur un modèle simple : des juniors font le gros du travail, un partner relit, et la facturation se fait à l’heure. Ce système a trois conséquences directes pour toi :

    Le délai moyen pour une SHA complète chez un cabinet corporate parisien ou bruxellois : 10 à 15 jours ouvrés. Pas parce qu’ils sont lents – parce que c’est structurel. Les juniors ont d’autres dossiers, le partner est en rendez-vous, personne n’est incentivé à aller vite.

    Le pricing opaque : tu reçois un devis « entre 8 000 et 15 000 € » sans savoir où tu vas atterrir. À l’heure où tu dois closer, tu ne sais même pas combien ça va te coûter.

    La disponibilité : envoie un mail un mercredi à 14h, tu auras une réponse jeudi matin. Peut-être.

    Le problème n’est pas la compétence – c’est le modèle. Les cabinets traditionnels ne sont pas conçus pour l’urgence.

    Les trois options réalistes quand tu as moins de 48 heures

    Option 1 : Template + relecture express
    Tu récupères une SHA template (Y Combinator pour les US, ou des modèles européens type SeedLegals pour le UK). Un avocat la relit et l’adapte. Coût : 1 500 à 4 000 €. Délai réaliste : 24-48h si tu trouves le bon avocat disponible. Risque : si ton cap table est complexe (plusieurs notes, BSPCE, co-fondateur sorti), le template explose.

    Option 2 : Négocier avec l’investisseur un closing en deux temps
    Signing maintenant avec une SHA simplifiée, documents définitifs dans 2 semaines. Fonctionne avec les fonds early-stage habitués aux deals rapides. Ne fonctionne pas si le lead est un corporate VC avec un legal department rigide.

    Option 3 : Cabinet optimisé pour la vitesse
    Nouvelle génération de structures juridiques (comme Lina Law en France/Belgique) qui combinent avocats seniors et automatisation. Leur modèle : devis en moins de 3 heures, pricing fixe annoncé avant de démarrer, livraison en jours plutôt qu’en semaines. Sur une SHA venture standard, tu parles de 24 à 72 heures maximum.

    Ce que tu dois préparer AVANT de contacter qui que ce soit

    Tu veux des documents en 24 heures ? Alors ne sois pas le bottleneck. Prépare immédiatement :

    1. Ta cap table Excel à jour – pas « à peu près », vraiment à jour avec les pourcentages, les valeurs nominales, les BSPCE attribués
    2. Les term sheets ou side letters de tes tours précédents – même les trucs informels, même le mail où tu as promis 0.5% à ton premier advisor
    3. Les statuts actuels de ta société – dernière version certifiée conforme
    4. L’identité complète du/des investisseurs – forme juridique, siège, représentant légal
    5. Le montant exact et la valorisation – pre-money, post-money, pas d’approximation

    Sans ça, même l’avocat le plus rapide du monde passe sa première heure à te poser des questions auxquelles tu aurais pu répondre avant.

    Les clauses qui font toujours perdre du temps (et comment les anticiper)

    Certains points génèrent systématiquement des allers-retours qui tuent ton délai de 24h :

    Le vesting des fondateurs : Si tu n’as rien prévu, l’investisseur va demander un reverse vesting sur 4 ans avec cliff d’un an. Décide ta position AVANT la négo.

    Les reserved matters : La liste des décisions qui nécessitent l’accord de l’investisseur. Plus elle est longue, plus tu perds en contrôle opérationnel. Standard européen : 8 à 12 items. Au-delà de 15, méfie-toi.

    Le drag-along : À partir de quel seuil de vote peut-on forcer tous les actionnaires à vendre ? Marché européen : 60-75% des actions. Ne descends pas en dessous de 50% sans comprendre ce que ça implique.

    La liquidation preference : 1x non-participating est le standard. 2x ou participating = tu vas passer des heures à négocier ou tu te fais avoir.

    Tranche ces sujets en interne avec tes co-fondateurs AVANT d’aller voir l’avocat. Ça économise facilement 4 à 6 heures de ping-pong.

    Le workflow exact pour sortir des documents signables en 24-48 heures

    Heure 0-2 : Contact et brief
    Envoie un email ou Slack à un cabinet capable de répondre vite (Lina Law promet un devis en moins de 3h par exemple). Attache : cap table, term sheet signée, statuts, infos investisseurs. Sois explicite sur ton deadline : « Closing vendredi 17h, besoin de la SHA et des résolutions d’AG pour jeudi soir. »

    Heure 2-4 : Devis et validation du scope
    Tu dois recevoir : périmètre exact des documents, prix fixe, date de livraison. Si le cabinet te dit « on verra », passe au suivant.

    Heure 4-16 : Rédaction
    L’avocat travaille. Avec les bons outils (workflows automatisés, templates éprouvés sur des centaines de deals), une SHA venture standard sort en 8-12 heures de travail effectif.

    Heure 16-24 : Relecture et ajustements
    Tu reçois le draft, tu relis, tu poses tes questions. Un ou deux allers-retours maximum si tu as bien préparé ton dossier.

    Heure 24-48 : Négociation avec l’investisseur et signature
    Tu envoies à l’investisseur, son conseil relit, vous tranchez les 2-3 points de friction restants, signature électronique.

    La vraie question : combien ça coûte d’aller vite ?

    Les prix varient énormément selon le cabinet et la complexité, mais voici les ordres de grandeur pour l’Europe :

    | Document | Cabinet traditionnel | Cabinet nouvelle génération |
    |———-|———————|—————————-|
    | SHA complète (seed/série A) | 8 000 – 18 000 € | 3 000 – 7 000 € |
    | Convertible note | 2 000 – 5 000 € | 800 – 2 000 € |
    | Résolutions AG | 1 500 – 3 000 € | 500 – 1 200 € |

    L’écart s’explique par le modèle économique : quand 80% du travail est automatisé et que seuls des seniors interviennent (pas de junior qui apprend sur ton dossier), les heures facturables chutent.

    Le vrai coût de ne pas avoir tes documents à temps ? Un closing décalé de 2-3 semaines, le temps que le legal de l’investisseur « revienne vers toi ». Ou pire : un investisseur qui se refroidit parce que l’équipe semble désorganisée.

    Prochaine étape concrète : ouvre ton drive, vérifie que ta cap table est à jour et que tu retrouves tous tes documents de tours précédents. Si tout est propre, tu peux envoyer un brief à un cabinet ce soir et avoir tes documents vendredi. Si c’est le chaos, commence par là – c’est ça qui va vraiment te faire perdre du temps.

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